Article dans le Parsien : « Présidentielle – Et si les militants faisaient capoter l’union Jadot-Hamon ? »

Gauche. L’alliance EELV-PS ne sera valable qu’après validation par les votants de la primaire écolo.

Le coup est-il parti trop vite ? En annonçant dès jeudi soir en direct sur France 2 son retrait de la course à la présidence de la République, Yannick Jadot s’est visiblement fâché avec une partie de sa base, vexée que son candidat semble considérer son vote comme une formalité.

Car, et les écologistes s’en targuaient, le pacte signé entre Benoît Hamon et le député européen ne sera définitivement valable qu’après avoir été approuvé par les votants de la primaire écolo. Si toutefois, ils décident de l’approuver. Nombre de cadres EELV ont applaudi l’alliance, censée donner plus de poids à la candidature socialiste et qui intègre d’importantes mesures du programme Jadot. D’autres militants, au contraire, sont devenus verts de rage. « On nous annonce le résultat avant la consultation, merci ! » s’emporte, déçu, Alexandre Rupnik, jeune membre du conseil fédéral EELV. « Moi, je vais voter non, pour le symbole. »

Sur Twitter, ils sont nombreux à dire leur colère ou leur dégoût. « En mars, je voulais fêter mes dix ans d’adhésion chez les Verts. Vu l’annonce de ce soir, je ferai autre chose. Kenavo », écrit Olwen. « Le mandat qu’on avait donné en votant la première fois était pour un accord à 3, avec Jean-Luc Mélenchon. Là, on se retrouve avec un accord de législatives avec le PS », peste Elise Lowy, membre du bureau exécutif, qui n’hésite pas à parler de « mépris ». Elle appelle « tout le monde à voter non ».

« Il n’y a pas de plan B »

Il y a dix jours, sur les 10 000 votants de la primaire EELV, 9 sur 10 avaient voté en faveur des discussions avec Hamon et Mélenchon. Combien soutiendront le nouvel accord ? Le comportement de ce corps électoral, qui comprend aussi de simples sympathisants, est imprévisible. « C’était la seule décision possible », explique de son côté Arthur, 30 ans, sympathisant écolo non encarté, espérant que cela enclenchera « une dynamique » à gauche.

« Je ne sais pas ce qu’il advient si le non l’emporte », reconnaît Julien Bayou, porte-parole d’EELV. Un proche de Jadot le reconnaît : « il n’y a pas de plan B. » Les résultats devraient être connus demain à la mi-journée.

Le Parisien : http://www.leparisien.fr/politique/presidentielle-et-si-les-militants-faisaient-capoter-l-union-jadot-hamon-25-02-2017-6710373.php