L’Imprévu – Face à la confiscation démocratique par la direction d’EELV, un autre avenir est possible

Face à la confiscation démocratique par la direction d’EELV, un autre avenir est possible

Au terme de la parodie de consultation qui a entériné la capitulation d’un candidat qui n’avait semble-t-il pas envie d’en découdre, l’écologie est orpheline pour la première fois depuis 1974 à une élection présidentielle. La consultation électronique, pour laquelle il n’y a eu ni comité d’éthique ni vérification possible à ce jour et pour laquelle il était demandé de voter sur un accord électoral qui n’a pas été diffusé avec le matériel de vote, peut être qualifiée de confiscation démocratique.

La volonté des adhérent.e.s d’EELV, exprimée lors du Congrès de juin 2016 en des termes clairs : « aucun accord avec le PS, même technique », n’a pas été respectée. Mais il s’agit aussi de la confiscation démocratique du projet écologiste lui-même. Autant un accord à trois dans un rassemblement autour d’un projet programmatique écologiste et social pouvait permettre d’espérer la victoire, autant un accord seulement à deux retire tout espoir de refondation par la transition écologique, sociale et citoyenne. Restreint aux seuls appareils du PS et d’EELV, l’accord programmatique sera marqué d’une date fatidique de péremption au 23 avril.

Sans doute, chaque jour verra s’égrener un nouveau renoncement qui videra un peu plus de son sens un accord fantôme. En particulier, le PS reste un parti profondément nucléariste ; en témoigne l’expression de Benoît Hamon en faveur du maintien de l’EPR de Flamanville le 27 février au matin sur France Inter, soit moins de 24 heures après le ralliement de Yannick Jadot. En privilégiant délibérément le candidat du PS, en précipitant les annonces à la télévision, le candidat et les dirigeants d’EELV ont rendu Benoît Hamon bien moins enclin au compromis, et ont contribué à l’échec du rassemblement avec Jean-Luc Mélenchon.

Les électeurs et électrices de la primaire qui ont voté, l’ont fait pour un accord programmatique caduque dans deux mois et pour un accord électoral qui ne leur a pas été transmis, si ce n’est quelques traces dans la presse, et qui demeure étrangement silencieux sur les contre-parties relatives aux retraits des candidat.e.s EELV au profit des candidat.e.s PS. Ainsi nous serons nombreuses et nombreux à ne pas faire la campagne du Parti Socialiste.

L’écologie est orpheline, mais elle n’est pas sans voix. Le projet écologiste et sa réalisation dans les actes sera plus que jamais d’actualité au lendemain de l’élection présidentielle. La recomposition autour de l’écologie ne fait que commencer !

La coordination de L’Imprévu.