UN CONGRES DE REFONDATION POUR UNE ECOLOGIE DE TRANSFORMATION Présentée par Jean Lafont et Elise Lowy

Exposé des motifs
Pas de reconstruction sans bilan
EELV est sorti des écrans radar depuis plusieurs mois et traverse une crise profonde. La stratégie électorale à rebours des orientations du dernier congrès, imposée au parti par la direction actuelle, aboutit, non seulement à un échec retentissant, mais aussi à une crise de confiance liée aux méthodes de fonctionnement même du parti.
Mais il faut rechercher plus loin les racines politiques de cette crise, dans la ligne et dans la stratégie de notre parti. Les faits lui donnent raison, dans les alertes qu’il lance depuis longtemps sur le caractère insoutenable  de notre modèle de développement, et pourtant il n’est pas jugé crédible pour gouverner le pays. Pourquoi ?
Le système économique dominant, qui règne désormais aux quatre coins de la planète, menace la vie sur terre, prépare des catastrophes climatiques et accroît le gouffre entre un petit nombre de nantis et la grande majorité, crise systémique toute proche. Il est d’autant plus dérisoire de voir le principal parti de l’écologie politique se traîner derrière une social-démocratie qui ne présente plus aucun projet, et faire le dos rond en attendant que crise se passe et que les petites affaires puissent reprendre « as usual ».
Il n’est que temps d’aborder ces questions sans faux fuyants et sans tabou. La demande d’un véritable bilan n’est pas une lubie dirigée contre le parti, c’est au contraire le seul moyen de le refonder, sur une bonne ligne ! . 
Pour une écologie radicale de transformation
Ce n’est pas caricaturer que de dire que notre ligne politique est, dans les faits, principalement orientée vers la conquête des institutions, par laquelle nous pensons réformer peu à peu le système économique et social dominant, dont nous dénonçons les excès, mais que nous ne remettons pas en cause. Finalement, nous mettons en pratique une « écologie d’accompagnement », certes pétrie de bonnes intentions, mais finalement de court terme et incapable de proposer un autre « récit » à la société – car nous n’en avons pas nous-même.
L’énergie des militants, le fonctionnement des courants, les stratégies électorales, sont orientés dans ce but. Tout conduit à stériliser la réflexion sur le fond et à remplacer la « dispute politique » saine pour la vie du parti, par une concurrence pour les postes. 
Nous ne sortirons de ce cercle vicieux que si nous reprenons les problèmes à la base et en laissant de côté les arrière-pensées.
Reprenons le fil des grands penseurs de l’écologie politique, comme l’ont été Ellul, Charbonneau, Dumont, Illich, Gorz, qui ont porté une critique souvent radicale du système productiviste né avec la grande industrie. Ils ont prévu avec lucidité les menaces de la technoscience, bien avant qu’elle ait envahi tous les moments de notre vie, au point de transformer l’être humain en cyborg. Ils ont souligné l’impact des outils (y compris les institutions) qui, par leur dimension et leur mode de gouvernement, assujettissent l’usager à l’expert et nient la démocratie. Ils ont pensé la libération du travail dominé aujourd’hui par les rapports capitalistes. Tout cela constitue pour l’écologie politique un patrimoine majeur, que nous devons utiliser systématiquement, en un faisant un point fort d’une lutte culturelle contre le « sens commun » véhiculé par la classe dominante.  
Regardons aussi la société qui nous entoure, son fonctionnement, ses conflits. Si l’écologie politique défend les intérêts de l’humanité, elle s’adresse d’abord à celles et ceux qui subissent les effets du système, et d’abord aux classes populaires. Elle s’appuie aussi sur tous les mouvements,  de défense de la nature, féministes,  antiracistes, démocratiques, altermondialistes, etc.. tout ce peuple  qui doit prendre conscience de son rôle historique. L’écologie politique n’est pas « hors sol », elle doit être partie prenante dans la construction de cette alliance, tournée contre le système économique dominant et ses tenants.
L’enjeu d’EELV et de l’ensemble de l’écologie politique aujourd’hui, c’est bien de s’engager résolument dans cette écologie radicale de transformation, dans laquelle écologie et social sont liés intimement, et qui donne un sens à la transition écologique et sociale vers une société de post-croissance. 
Dans cette perspective, c’est toute notre stratégie qu’il convient de revoir, en fonction du nouveau paysage politique qui s’est constitué en France après les dernières élections. 
L’échéance des élections européennes de 2019 nous oblige aussi à penser cette stratégie à l’échelle de  l’Union européenne, dans l’esprit esquissé dans les lignes précédentes.
Il ne tient qu’à nous de remonter la pente ou de continuer à s’enfoncer. Nous devons opérer ce changement en profondeur,  pour élever notre action au niveau des enjeux. Ce changement porte sur nos objectifs, notre stratégie, notre organisation et notre rapport avec la société. Un simple replâtrage serait inopérant et nous ferait sortir de l’histoire, soyons-en assurés.
Motion
Le Conseil fédéral  :
– considère qu’EELV doit s’orienter dans une écologie de transformation, c’est à dire une écologie radicale, en rupture avec le système économique dominant ainsi qu’avec tout productivisme
– demande qu’un bilan soit conduit, dans l’esprit et à partir de cette orientation ; de poursuivre celui-ci par l’élaboration d’une stratégie du parti, de ses modes d’action, de ses alliances, de son propre fonctionnement en cohérence avec sa nouvelle orientation
– décide la tenue d’un Congrès de refondation avant la fin 2017, impliquant une modification des statuts
Membres du Conseil fédéral :
Alamartine Françoise (Tit Languedoc-Roussillon) ; Béchu-Diaz Mathieu (Tit Alsace) ; Belouin Marie-Christine (Sup Auvergne) ; Binici Leyla (Tit Alsace) ; Bourgois Pascal (Tit Aquitaine) ; Chérel Didier (Sup PACA) ; Chessé Hélène (Sup Midi-Pyrénées) ; Cognéras Cyril (Tit Part nationale) ; de Crémiers Christelle (Tit Part nationale) ; Dorbon Edwige (Tit Bourgogne) ; Handschutter Sophie (Tit Midi-Pyrénées) ; Harel Hélène (Sup Île-de-France) ; Kaabi Chekra (Tit Île-de-France) ; Lafont Jean (Sup Île-de-France) ; Le Guenniou Anne (Sup Part nationale) ; Lepaumier Christiane (Tit Bretagne) ; Nicanor David (Tit Champagne-Ardenne) ; Padovani-Lorioux Murriel (Tit Limousin) ; Palis-Niermann Nelson (Sup Aquitaine) ; Palmier Nathalie (Tit Part nationale) ; Paul Evelyne (Sup Bourgogne) ; Petit Martine (Sup Bretagne) ; Rebreyend-Surdon Christine (Tit Rhône-Alpes) ; Ruiz Marie-Cécile (Tit Guyane) ; Rupnik Alexandre (Tit PACA) ; Thomas Michel (Sup Champagne-Ardenne).
Soutiens : 
Elise Lowy  (membre du BE IDF), 
Thierry Pradier (membre du BE PDL), 
Marie Aoustin  IDF, 
Marie-Laure Arripe, 
Mohamed Bougafer CEN,
Pascal Branchu BRE, 
Marie M. Braud,
Yves Chagneau IDF, 
Eve Desjardins IDF, 
Jean-Claude Gamot PACA, 
Françoise Kiefe  BRE,
Michel Kloboukoff-Witte, 
Pierre Jourdan IDF, 
Yves Lecourt  Midi Pyr, 
Renaud Mandel IDF, 
Lucia Martini Scalzone IDF,  
Jean-Jacques Mercier PDL, 
Pascal Mosbah IDF, 
Christophe Mouy, 
Serge Rivret IDF, 
Françoise Robert,
Pierre Salane, 
Michel Rouyer IDF, 
Frédéric Supiot Hors de France, 
Samuel Szymanski, 
Thierry Touche Hauts de France, 
Jean-Paul Vandermeeren  L-R,
Philippe Vicherat IDF, 
Kristina Wagner, Poitou Charentes
Françoise Werckmann, 
Anny Zorn Alsace